A LIRE

LA MONARCHIE DE JUILLET
1830 – 1848
Gabriel de Broglie
de l’Académie française
Editions Fayard – 462 pages – 26, 00 euros

Le changement dynastique n’est que l’un des effets de la révolution de 1830.

Les Trois Glorieuses et la monarchie qu’elles engendrèrent, portées par les parties les plus dynamiques de la société – gens de plume, artistes, entrepreneurs, jeunesse étudiante –, par l’impressionnante galerie des « hommes nouveaux », par la frange la plus éclairée de l’aristocratie et des catholiques, ne sacrifièrent guère à l’utopie. La volonté d’implanter en France des moeurs et des institutions libérales était un projet solide, réaliste, conçu pour l’avenir. C’est lui qu’il faut créditer du progrès des libertés, du développement économique, du maintien de la paix au prix de quelques déconvenues et même de l’exceptionnelle floraison romantique.

Si ces avancées, cette acclimatation au parlementarisme, cet enrichissement , certes bien inégalitaire, du pays ont fini emportés par le torrent de 1848, c’est en partie parce que les équipes dirigeantes, à l’épreuve du pouvoir, n’ont pas bien su accompagner le projet : défaut d’imagination devant l’événement, routine, rivalités personnelles, aveuglement ou sincérité douteuse du roi, scandales, résistance au changement, particulièrement en matière sociale, tout vint pervertir et gauchir une construction qui aurait peut-être assuré à la France un avenir meilleur. On aurait tort de condamner les idées et les aspirations des hommes de 1830 au motif que le régime a sombré dans le discrédit et a partiellement échoué à unir la nation.

Nourri de l’intime connaissance que son auteur a de l’orléanisme, éclairé par de longs passages dus à d’illustres témoins -de Hugo à Chateaubriand, de Tocqueville à Guizot, de Rémusat à Louis Blanc…- enrichi des recherches et des problématiques les plus récentes, ce livre offre la synthèse précise et vivante qui manquait. Un grand pan de notre histoire, longtemps négligé, nous est ainsi révélé.

Extraits de l’avant-propos

« On a aussi prétendu qu’en France, au XIXe siècle, l’histoire suivait une courbe, dessinée d’avance, qui conduirait inexorablement notre pays de la monarchie absolue à la monarchie constitutionnelle, puis à la révolution, puis à un régime autoritaire, et même que cette courbe avait été parcourue deux fois, la première de 1789 à 1815 et la seconde de 1815 à 1870.

Certains ont même cru apercevoir la prolongation de la spirale sous la Troisième République, mais cela est beaucoup moins évident… »

Extraits de Bilan et interprétation

«… Le projet politique est incontestablement le bon dans sa conception, mais, dans sa formulation et sa présentation, il était devenu anachronique. En 1830, il datait déjà de quarante ans.

Ce « point d’aboutissement de l’histoire » reproduisait, à quelques nouveautés près, la formule d’une monarchie constitutionnelle datant de 1790.

La monarchie de Juillet tenta d’enraciner en France une tradition libérale et conservatrice. La philosophie existait mais non la pratique. Entre l’héritagee absolutiste et le ferment révolutionnaire et patriote, un mouvement conservateur, non pas immuable mais progressiste, n’a encore jamais pu s’établir en France.

En 1848, ce n’est pas sous les coups de l’idéologie que la monarchie de Juillet a succombé, c’est sous le poids de l’histoire… »

Gabriel de Broglie, de l’Académie française et de l’Académie des Sciences morales et politiques, Chancelier de l’Institut de France.


UNE FAMILLE D’EUROPE
Récit historique
Jean-Robert Pitte
Fayard – 307 p.- 18 euros

« Ma généalogie est un écheveau d’infortunés destins européens, cabossés par les intolérances et les guerres que les peuples de ce continent n’ont cessé d’entreprendre, brisés par les frontières qu’ils n’ont cessé de dresser entre eux, mais aussi par les fractures sociales et les égoïsmes.

Au travers du récit des pérégrinations des différentes branches de sa famille, Jean-Robert Pitte, spécialiste de géographie culturelle, raconte l’Europe depuis la fin du XVIIIe siècle.

Cette saga plonge le lecteur dans le destin de lignées paysannes de Normandie, d’Alsace, du Bugey qui migrent vers Paris par nécessité économique (ou par choix politique après l’annexion de l’Alsace en 1871).

On y suit la traversée de l’Europe par une famille juive modeste qui s’établit vers 1760 dans la grande plaine de Hongrie, puis entame sous François-Joseph une ascension sociale qui conduit à l’Académie des sciences de Budapest l’un des siens, dont le fils sera enfermé dans le ghetto de la capitale danubienne.

Tous ses ancêtres ont subi les guerres napoléoniennes, celle de 1870 et la Commune de Paris, plus dramatiquement encore les deux guerres mondiales, enfin l’établissement du rideau de fer. Ce tissu d’humbles faits restitue dans l’espace et la longue durée les souffrances et les petits bonhers qui ont fait notre continent. Audelà de leurs particularités, ces destinées sont exemplaires de ce qu’ont connu tous les Européens.

Membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, président de la Société de géographie et président de l’université de Paris-Sorbonne de 2003 à 2008, Jean-Robert Pitte est l’auteur de nombreux livres à succès : Histoire du paysage français, Géographie culturelle, Le Désir du vin à la conquête du monde, etc.


LES ANCRES DANS LE CIEL
L’infrastructure métaphysique
Rémi Brague
Editions du Seuil – L’ordre Philosophique 135 p. 16 euros

« On n’a pas besoin de métaphysique, et encore moins de sa version populaire, la religion. Il suffit d’une bonne morale pour savoir quoi faire, d’un droit et d’une politique efficaces pour la faire respecter. »

C’est faux.

Cela a pu être vrai.

Cela reste vrai là où il s’agit de fournir des règles pour que les hommes vivent en paix les uns avec les autres. Seulement aujourd’hui, l’homme a réalisé le projet moderne et pris son destin en main. Il peut décider librement d’être ou de ne pas être. Pourquoi y aurait-il de l’être et pas plutôt rien ?

Désormais, une nouvelle question se pose, celle de la légitimité de l’humain. Pour lui donner une réponse positive, il faut que la vie soit un bien. Il ne suffit pas qu’elle soit agréable ou intéressante pour ceux qui sont déjà vivants – ce que nul ne nie. Il faut encore que la vie soit un bien tellement grand qu’on ait le droit d’y appeler d’autres. Et affirmer que l’être vaut toujours mieux que le néant, c’est une décision métaphysique.

Pour que la vie humaine reste possible, il faut une métaphysique forte.

La métaphysique n’est pas, ou plus, un édifice dans les nuages. Elle est devenue l’infrastructure même de la vie humaine. « Animal métaphysique », l’homme est en train de le devenir le plus littéralement du monde.

Rémi Brague est Professeur de philosophie à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et à l’université de Munich.


LES ENFANTS D’ABRAHAM
Un chrétien, un juif et un musulman dialoguent
Alain de La Morandais
Haïm Korsia
Malek Chebel
Avant-propos de Luc Ferry
330 p – Presses de la Renaissance – 20 euros

Dans la continuité de leur émission « Les Enfants d’Abraham » diffusée sur Direct 8, le père Alain de La Morandais, le grand rabbin Haïm Korsia et Malek Chebel échangent, avec la franchise, le respect et l’humour qui les caractérisent, sur douze questions essentielles mêlant société et religion, dont :

– Juifs, chrétiens et musulmans croient-ils au même Dieu ?
– Est-il raisonnable de ne pas croire en Dieu ?
– Les religions n’ont-elles pas toujours justifié la violence
tout en prêchant la paix ?
– Quelle doit être la place des religions dans un État laïc ?
– Liberté individuelle et volonté divine sont-elles compatibles ?
– Quelle place la religion accorde-t-elle à la sexualité ?
– Qu’est-ce qui nous attend après la mort ?

En prise directe avec la réalité d’aujourd’hui, les auteurs démontrent que le dialogue entre chrétiens, juifs et musulmans, les « enfants d’Abraham », est plus que jamais nécessaire et surtout possible.

Alain de La Morandais, prêtre catholique, est docteur en théologie et en histoire, et partenaire privilégié des médias.

Haïm Korsia, grand rabbin, est aumônier général des armées et des Aéroports de Paris.

Malek Chebel, anthropologue et philosophe, est spécialiste du Coran, qu’il a traduit, et prône un islam des Lumières.

Ils animent depuis cinq ans sur Direct 8 l’émission « Les Enfants d’Abraham ».


LA VOLONTÉ DE COMPRENDRE
Emeric Deutsch
Textes réunis et présentés
par M. le Grand Rabbin Haïm Korsia
Editions des Rosiers – 497 p. – 26 euros

Emeric Deutsch a beaucoup écrit mais il a peu publié. Il portait la méfiance traditionnelle du judaïsme à l’égard de l’écrit, qui risque de figer le sens, de le réifier, de le transformer en objet de culte. C’est pourquoi, à la demande de la famille d’Emeric Deutsch et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le Grand Rabbin Haïm Korsia présente cet extraordinaire travail de recherche et d’écriture qui reflète l’effort tenté par Emeric Deutsch, durant de nombreuses années, de saisir les événements du monde en les confrontant avec la pensée juive, pour les orienter vers un objectif vécu ou digne de l’être.

On décèle, à travers la diversité des sujets abordés dans ces textes, deux thèmes dominants ; communication et responsabilité. Ils éclairent l’ensemble de sa démarche et la relient aux sources profondes dont elle procède, l’étude du Talmud et la pratique psychanalytique.

Emeric Deutsch conjuguait dans leur plénitude toutes les dimensions de l’intelligence et de la sagesse humaine : il lisait tout, il voyait toutes les expositions, comprenait l’art, avait une très belle voix ; c’était un merveillex conteur, il mettait de l’humour même dans les propos les plus sérieux, il était amateur de foot, il avait un formidable don d’écoute des autres, ce qui faisait de lui un conseiller très précieux, il avait un sourire avenant soutenu par un regard bienveillant et une prestance naturelle.

Il a été directeur du département psychologie du groupe Sema- Metra, il a participé à la fondation de la Sofres, pionnièredes sondages et des études de marchés en France, en particulier en introduisant les études politiques, il en a été le PDG en 1972. Il a été professeur de Psychologie sociale appliquée à Sciences-Po.

Très actif dans la communauté juive, président de la commission d’études politiques du CRIF et président de la communauté Ohel Avraham de la rue de Montevideo à Paris, il était membre de la commission culture juive de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Emeric Deutsch était un des plus grands exégètes des textes du Talmud et un extraordinaire passeur de la pensée juive, en particulier lors des colloques intellectuels juifs de France. Il fut l’une des grandes figures du judaïsme français avec sa façon unique de concilier culture française et Torah et d’en offrir le modèle à tous.


BISMARCK
Jean-Paul Bled
Editions PERRIN – 319 pages – 23, 00 euros

Le portrait tout en nuances d’un homme politique d’exception qui a forgé l’Allemagne moderne et dominé la scène européenne.

Au panthéon des hommes illustres, Bismarck, né en 1815, occupe une place singulière. Il domine par sa stature et ses succès la seconde moitié du XIXe siècle, marquée par l’unité allemande dont il a été l’architecte de bout en bout.

Après avoir vaincu l’Autriche-Hongrie à Sadowa en 1866, il récidive quatre ans plus tard avec la France, ce qui lui permet de proclamer l’Empire allemand, dominé par la Prusse qu’il gouverne depuis 1862. Il demeure au pouvoir jusqu’en 1890, longévité rare qui l’apparente à Metternich auquel l’oppose sa conception dure, « par le fer et le sang », de la diplomatie et de la politique.

Pour mieux dominer l’Europe, ce pragmatique oriente les puissances vers la colonisation au congrès de Berlin, tandis qu’il révolutionne l’Allemagne en engageant le combat contre l’Église (Kulturkampf) et en posant les jalons d’une politique sociale d’envergure pour contrer la montée du socialisme.

Afin de contenir la volonté de revanche de la France amputée de l’Alsace et de la Lorraine, il inaugure une nouvelle Sainte Alliance, l’entente des trois empereurs, qui ne survit pas à sa chute.

En reniant son héritage, Guillaume II précipitera l’Allemagne à sa perte.

Jean-Paul Bled, professeur émérite à l’université de Paris IVSorbonne, spécialiste reconnu de l’histoire de l’Allemagne, a notamment publié François-Joseph, Frédéric le Grand, histoire de la Prusse et Histoire de Munich.


S.O.S FINANCES PUBLIQUES
Osons les vraies réformes
Jean Arthuis
Editions Calmann-Lévy – 15, 00 euros

Trente-six ans de dérive chronique et aujourd’hui un déficit qui se finance par l’emprunt. Bientôt 2 000 milliards d’euros de dette, auxquels il faut ajouter les 1 000 milliards de retraite garantis par l’Etat. Les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, se sont montrés timorés, à la limite du fatalisme, face à l’épreuve de vérité, dans le discours comme dans l’action.

Les conventions de langage, bannissant les mots « rigueur » et « hausse des impôts », chérissant les tabous de la République, reflètent déni de réalité et tyrannie du calendrier électoral.

Ni les coups de « rabot » ni une réforme a minima du système des retraites ne peuvent enrayer l’engrenage du surendettement. Le Trésor public emprunte 800 millions d’euros par jour pour financer les dépendes courantes et rembourser la dette, à l’instar d’un ménage pris au piège d’un crédit revolving. Et comme nos créanciers sont désormais majoritairement des investisseurs étranger, la France met en péril son indépendance et se souveraineté.

Cela ne peut plus durer, affirme Jean Arthuis, avec le conviction d’un homme qui plaide depuis des années pour une plus grande rigueur budgétaire. Il nous présente ici un plan de redressement des finances publiques audacieux, juste, structurel, à effet rapide… et radical ! Un remède de cheval, diront certains. Mais a-t-on vraiment le choix ? Que peuvent proposer les futurs candidats à l’élection présidentielle de 2012, quelle que soit leur couleur politique ? Alors autant nous administrer à nous-mêmes la potion amère, à condition qu’elle soit équitablement répartie entre tous les Français, plutôt que de subir l’humiliation d’un diktat du FMI ou de nos créanciers. C’est le prix de la confiance retrouvée en l’avenir.

Jean Arthuis est sénateur de la Mayenne et président de la commission des Finances du Sénat. Il a été ministre de l’Economie et des Finances dans le gouvernement Juppé (1995-1997). Il est président de l’Alliance centriste. Il est l’auteur de Dans les coulisses de Bercy (Albin Michel, 1998) et de Mondialisation : la France à contre-emploi (Calmann-Lévy, 2007).


JEAN – MARIE DROT
Artisan d’une télévision citoyenne
Claude Carrez
Aléas – Le Temps des Passeurs – 436 p. – 20 euros

Ce livre se veut un dialogue de l’amitié. Jean-Marie Drot sait, depuis toujours, transmettre ses passions. La vraie télévision, au temps où l’on pouvait encore l’inventer avec enthousiasme, est son domaine privilégié. L’évoquer en sa compagnie, même à demi-mot, peut le mettre très rapidement en colère. Sa télévision est celle d’un respect profond du téléspectateur. En 1984, dans un article du journal Le Monde, il disait déjà sa déception devant une télévision du « dérisoire ». Avouons que ça n’a fait qu’empirer depuis, les très rares émissions de qualité étant diffusées au coeur de la nuit.

Jean-Marie Drot a, entre autres riches oeuvres, réalisé deux séries télévisées mémorables Les Heures chaudes de Montparnasse et Voyage avec André Malraux à la recherche des arts du monde entier. Ce même Malraux écrivait dans Les Voix du Silence : « L’homme ne devient homme que dans sa poursuite de sa part la plus haute ». Jean-Marie rêve d’Archives du siècle à la portée de tout le monde. Il milite pour la naissance d’une chaîne mémorielle qui révèlerait la richesse du patrimoine audiovisuel tout en le confrontant à la création d’aujourd’hui. Il ne désespère pas d’y parvenir un jour … quand même. L’équipe de la SCAM se bat, elle aussi, pour cela. Faut-il encore que les politiques en comprennent la véritable nécessité citoyenne.

Cette fois-ci, nous fabriquons un livre à quatre mains. Parcourons-le ensemble. Simple carnet de voyage au travers du kaléidoscope personnel de JMD, ses images qui l’entourent constamment, l’accompagnent de jour en jour, le nourrissent et donc le font vivre. Modestement, j’essaie, page après page, de comprendre ainsi quel est le ferment de cette force qui lui permet, dans tous ses combats quotidiens, ses engagements, malgré cette époque terriblement désespérante, de rester constamment fidèle à ses principes … à ce rêve permanent d’une télévision qui n’aurait pas honte d’elle-même.

Après tout, Le pommier de Chatou avait toutes les apparences d’un arbre mort. Il a suffi que Jean-Marie peigne son tronc et ses branches d’un rouge-sang pour qu’à la grande surprise de tous il reverdisse… comme le fera vraisemblablement l’audiovisuel qui, arrivé à bout de courses et à bout de souffle, un jour peut-être, portera de nouveaux fruits et fleurira !


BONNES NOUVELLES
des Conspirateurs du futur
Michel Godet
Editions Odile Jacob – 20,00 euros

Il était une fois la France, un pays merveilleux par sa variété et la richesse de son patrimoine. En effet, l’espérance de vie a augmenté de quarante ans depuis 1900 et continue de progresser, et le niveau de vie a décuplé en un siècle !

Pourtant, les Français sont pessimistes face à l’avenir. L’auteur, toujours à contre-courant des idées reçues, montre que :

– L’optimisme est justifié pour l’avenir de nos enfants ;
– L’immigration est nécessaire, encore faut-il la réussir ;
– La mondialisation et le développement durable vont dans le sens des relocalisations ;
– Il faut « penser local pour agir global » en mutualisant les bonnes pratiques ;
– Si la France d’en haut est empêtrée dans ses contradictions, la France des territoires entreprend et innove.

Bonnes Nouvelles n’est pas une fiction, mais un recueil de faits et d’actes de quatorze « conspirateurs du futur », c’est-à-dire des hommes et des femmes de terrain qui, au-delà de toute attente et souvent dans des conditions difficiles, ont su rebondir à partir d’eux-mêmes et d’initiatives innovantes et ambitieuses. Le levier des projets et la force des liens sont capables de changer le monde et de permettre à chacun de devenir entrepreneur de sa vie.

Telle est la leçon contagieuse de Bonnes Nouvelles.

Michel Godet est professeur au Conservatoire national des arts et métiers, titulaire de la chaire de prospective stratégique. Il est aussi membre de l’Académie des technologies, du Conseil d’analyse économique et du comité directeur de l’Institut Montaigne. Il a publié, entre autre, Le Courage du bon sens. Pour construire l’avenir autrement.


CONFUCIUS
Gérard Lelarge
Editions Maxima – Laurent du Mesnil
collection Master Class 224 p. 18,50 euros

Confucius a énoncé, il y a près de 2500 ans, quelques-uns des principes essentiels qui guident toujours nos comportements.Si leur universalité explique cette extraordinaire longévité, deux d’entre eux nous sont aujourd’hui particulièrement familiers, tout spécialement dans le monde professionnel où ils sont plus souvent opposés qu’associés : le besoin d’efficacité et le respect d’autrui.

En s’appuyant sur les oeuvres de « Maître Kong », Gérard Lelarge nous explique à travers une centaine de conseils pratiques et de nombreux exemples, comment tout un chacun peut tirer les enseignements de Confucius pour réconcilier éthique et performance.

« Bien faire en faisant le bien » tel est l’objectif que Confucius, à travers ce livre stimulant, nous invite à atteindre.

L’auteur : Gérard Lelarge a été Responsable Ressources Humaines- d’un groupe international. Il enseigne le Management et les Ressources Humaines en 3e cycle à l’université et dans diverses structures d’enseignement supérieur. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages, il conçoit et anime des séminaires pour cadres et dirigeants et est conseil d’entreprises (GL Formation).


ET SI NOUS REFUSIONS la MacDonaldization
Jacques Puisais
Editions Félicéo – 21, 00 euros

Dans cet ouvrage, Jacques Puisais nous invite à partir de ce que nous mangeons et buvons au quotidien, à un subtil face à face nous conduisant hors des sentiers battus de la nouvelle pensée unique alimentaire.

Pensée qui contraint nos comportements, culpabilise nos esprits et in fine prohibe les plaisirs de la table. Il nous apprend ou nous réapprend le sens de nos cinq sens, sans jamais succomber au « nouvel ordre nutritionnel mondialisé ». Un ordre qui, lui, se réduit souvent à un seul sens : le sens interdit.

Mets 68…pourrait scander Jacques Puisais pour sonner le glas de la révolution alimentaire ! À cela il préfère une révolte ferme et exigeante mais pacifique et didactique.

Ainsi, nous guide-t-il avec une précision spontanée dans les méandres des plaisirs alimentaires retrouvés avec une légèreté du propos et des démonstrations pertinentes qui, jamais, ne deviennent conseil péremptoire, mais restent tout naturellement une recommandation à acheter « juste » pour consommer « juste ». Et quand Jacques Puisais se risque à une injonction, c’est simplement pour nous inviter à faire nôtre une pensée philosophique librement empruntée à Descartes : « Je goûte, donc je suis ».

Alors « suivons-le » et goûtons notre plaisir de lecteur dans son monde libéré de la « MacDonaldization ». Car, Jacques est tout sauf fataliste.


François MERCIER 1858 – 1920
Un entrepreneur républicain
Pierre Bordes
Editions Des Figures et des Lieux – 160 pages – 34, 00 euros

« Fasciné par la personnalité de François Mercier, j’ai passé plusieurs années à tenter de mieux connaître l’homme et l’entrepreneur. Je suis parti à la recherche de ses traces. J’ai découvert son village de Tronget, en Bourbonnais. J’ai trouvé au centre du bourg un imposant monument érigé à sa mémoire et, en pleine forêt, un établissement hospitalier.

Le jeune terrassier François, devenu un grand entrepreneur, laisse des édifices, témoins de son oeuvre, en Bourbonnais et dans une partie de la France. François Mercier m’a fait découvrir de merveilleux paysages. J’ai marché sur les anciennes voies des Chemins de Fer Economiques de l’Allier. J’ai voyagé en locomotive à vapeur d’Anduze à Saint-Jean-du-Gard, en autorail de Sospel à Breil-sur- Roya et de Bort-les-Orgues à Neussargue, en locotracteur diesel de Saint-Paul-de-Fenouillet à Axat-les-Bains en pays cathare. L’aventure m’a même conduit jusqu’à la région d’Aveiro au centre du Portugal, pour admirer un superbe pont au-dessus de la rivière Vouga.

Empli d’images et d’émotions, je suis parti à la recherche des documents et des archives de l’époque. Des personnes de la famille de François Mercier et des proches de son entourage m’ont facilité la tâche et m’ont encouragé à poursuivre mes recherches. A travers la vie de cet homme, j’ai pu approcher de façon concrète la mise en place de la toute nouvelle Troisième République, les efforts faits pour sa consolidation et le développement d’une nouvelle société.

François Mercier a vécu entre deux guerres, celle de 1870- 1871 et celle de 1914-1918. Sa vie et son oeuvre sont une belle illustration d’une partie de l’Histoire de France. Je vous invite à les découvrir par le texte et par l’image. »


ZONES SENSIBLES
Une femme contre les criminels de guerre
Céline Bardet
Editions du Toucan – 247 p. – 17,90 euros

« Je m’étais installée comme d’habitude pour prendre mon café au centre de la ville de Brcko, en Bosnie. Il était là, j’étais fatiguée mais je l’ai regardé, je lui ai même souri.

La veille, jusque très tard, j’avais plaidé son dossier devant la Cour spécialisée pour convaincre le procureur général de transférer son cas directement à Sarajevo.

Cet homme travaillait au camp de concentration de Luka pendant la guerre. II a directement torturé des dizaines de personnes, commis des viols et tué des enfants, à Brcko et à Srebrenica. Il a été arrêté, le chef de la police vient de me téléphoner pour me le confirmer .»

« Travailler à la Haye sur les crimes commis en ex- Yougoslavie ne m’avait donné qu’un aperçu très sommaire de ce qu’était sa région. Lire des dossiers et des témoignages est loin d’être suffisant, il faut aussi se rendre sur le terrain -ce que, de façon regrettable, nous n’avons jamais fait. Ainsi, la première fois que j’ai mis les pieds dans les Balkans, c’était de ma propre initiative après avoir quitté le Tribunal. J’ai visité Sarajevo avant de traverser la Bosnie pour me rendre sur divers sites reliés aux affaires sur lesquelles j’avais travaillé. Aujourd’hui encore je trouve étrange d’avoir été à l’époque la seule au Tribunal à ressentir le besoin impérieux de me rendre sur les théâtres des crimes dont nous étions chargés, d’entendre les victimes et de juger les coupables. »

L’auteur : Céline Bardet d’origine bourbonnaise est une femme de terrain, juriste mandatée par les organisations internationales pour intervenir et légiférer dans les régions du monde les plus conflictuelles.

Depuis ses débuts au tribunal de La Haye, elle a parcouru de nombreuses régions du monde pour travailler sur les questions de crime de guerre mais aussi de terrorisme, de crime organisé et de corruption.


LA LIBERTÉ EN HÉRITAGE
André Chandernagor
Pygmalion – 330 p. – 21,20 euros

S’inscrivant dans la filiation de « ce lointain aïeul venu des Isles et qui n’avait en héritage que sa liberté », André Chandernagor raconte, au soir de sa vie, les événements qu’il a vécus à travers une longue carrière politique et administrative. D’une plume sans complaisance, il fait défiler les nombreux personnages, souvent de premier plan, que ses importantes fonctions l’ont conduit à rencontrer, tant en France qu’à l’étranger.

Associé de près à l’élaboration de la Constitution de la Cinquième République et aux débats qui ont provoqué la renaissance du parti socialiste, il n’a cessé de participer ou de s’intéresser aux heures graves et aux moments forts que la France a connus depuis un demi-siècle : la guerre, la décolonisation manquée, la refonte des institutions françaises, la construction européenne.

Eduqué dans la grande tradition laïque de la citoyenneté républicaine, il a plongé très vite dans la vie politique locale avant de s’engager dans des combats d’envergure nationale. Fidèle à ses idées, il a toujours privilégié la lucidité, dût-il parfois la payer cher. Fort de ce parcours sans concession, il n’hésite pas à dénoncer avec vigueur les dérives actuelles qui nuisent au bon fonctionnement des pouvoirs publics et fragilisent dangereusement l’État : le culte de l’argent roi, la montée des corporatismes, l’irresponsabilité des médias, l’électoralisme…

Ancien faut fonctionnaire, André Chandernagor a été député de la Creuse pendant vingt-trois ans, ministre de François Mitterrand sous les deux premiers gouvernements de Pierre Mauroy puis Premier Président à la Cour des Comptes.

Ce contenu a été publié dans Positions Juin 2011. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.