Dialogues d’avenir, une démarche intercontinentale

UNE GRANDE PREMIÈRE EN BOURBONNAIS

Propos introductif

I – Les Faits

Depuis une vingtaine d’années nous savons -avec certitude-qu’avant 2050 :

– l’Europe (continent) aura implosé démographiquement
– l’Afrique (continent) aura explosé démographiquement

II – À Bransat le vendredi 4 mars 2011, nous avons donc réagi au niveau intercontinental comme en janvier 1955 nous l’avions fait pour le Bourbonnais et la France. Pourquoi à Bransat ?

-parce que, à Bransat, avec quelques amis, nous avons décidé, en Octobre 2008, de prendre notre part d’avenir et pas n’importe lequel, l’avenir intercontinental (Europe-Afrique)

-À 55 ans de distance, comme nous l’avions fait en Janvier 1955, lorsque fut créé «Positions», premier club de réflexions civique, social et culturel, installé en province.

-Nous nous souvenons qu’il avait fallu une dizaine d’année – vers 1965 – pour que l’opinion publique bourbonnaise s’aperçoive de ce qui se passait ici.

-Si j’évoque ce souvenir, c’est en espérant qu’il ne faudra pas autant d’années pour que Dialogues d’Avenir s’inscrive dans le paysage et dans la vision des Bourbonnais.

-C’est qu’au tournant du siècle et du millénaire, nous n’avons pas le temps d’attendre. Et pour deux raisons :

La première, parce que si l’Europe a mis cinq siècles (du XVe au milieu du XXe) pour s’imposer au monde, il lui a suffi de quelques décennies, au XXe siècle, pour perdre la plus grande partie de cette influence.

La seconde, parce que – avec brutalité- nous sommes condamnés à vivre dans un monde plat, sans frontières, sans montagnes, sans océans. Pour ce qui concerne la communication s’entend ; et c’est le principal bouleversement du siècle qui commence.

III – Où l’on s’inspire de Jacques Dutronc

Jacques Dutronc, chanteur toujours très connu,  avait fait un tube en 1966, d’une chanson qui commençait par ces mots : « 700 millions de Chinois et moi et moi et moi».

En 2011, 45 ans plus tard, le nombre de Chinois, malgré la poli­tique démographique restrictive de l’Empire du Milieu, a presque dou­blé. Alors que ses dirigeants ont, pour leur Pays, choisi la puissance avant le bonheur. Et qu’ils ont réussi :

1. Les Jeux Olympiques
2. L’Exposition Internationale de Shanghai
3. A devenir la deuxième puissance économique de la planète, en passe d’être bientôt la première.

Au cours du XXIème siècle qu’en adviendra-t-il du Bourbonnais, de la France, de l’Europe, de l’Afrique ? Au milieu de ce gigantesque bouleversement de vivre, de produire, d’échanger et de communiquer ?

Les réponses sont claires si l’on veut bien tenir compte de ce qui va se passer dans les 4 ou 5 prochaines décennies du siècle : 2 milliards d’habitants supplémentaires arriveront sur la Planète. Dont près de la moitié pour la seule Afrique Subsaharienne.

IV – Une question sur le très proche avenir

Que peut bien apporter un homme de ma génération, celle qui eut 20 ans dans les années 40/50 du siècle dernier ?

Réponse :
Au cours du mois de février 2011, une émission sur la chaine ARTE rappelait les supplices supportés par l’Allemagne durant l’hiver 45-46 ; mais ce n’était pas que l’Allemagne ; l’Europe était exsangue.

 

Que s’est-il alors passé ?

Il s’est passé que les États-Unis n’ont pas renouvelé l’erreur qu’ils avaient commise en 1920 lorsque, après avoir – cette année là – sauvé la liberté de l’Europe, ils s’étaient égoïstement désintéressés de son sort. Ils ont donc, en 1946-1950, décidé de participer à la renaissance économique et démocratique de l’Europe d’abord avec le plan Marshall. Puis avec l’ouverture de leurs usines et de leurs ateliers aux futurs cadres des pays à reconstruire : c’est ce qui, à l’époque, s’appelait  l’ap­prentissage de la productivité.

Il nous est donc venu à l’esprit de faire ici en Europe, ici en France, ici dans l’Allier ce que ma génération avait réussi il y a un demi-siècle grâce à son courage et grâce à l’aide des États-Unis.

D’où la présence ce vendredi 4 mars à Bransat de Maliens : nos amis Abba Singoro Touré, Chef d’entreprise au Mali et Mamadou Traoré, Maître de conférences à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Elle explique l’action de développement à entreprendre, ensemble – des deux côtés de la Méditerranée (Europe-Afrique) -. Avec d’autres méthodes et d’autres moyens, mais avec  le même esprit d’au­dace qu’en 1950-1960 et avec le même courage d’une génération tout entière à son œuvre attachée.

V – Constat de responsabilité

Il ne peut y avoir de démocratie réelle hors l’existence d’une véri­table communauté d’hommes dignes de ce nom ; ce qui suppose que la « volonté générale » s’exprime par des Assemblées d’hommes libres poursuivant des objectifs supérieurs aux intérêts particuliers. Car il ne suffit pas d’avoir une histoire commune, une culture identique, un des­tin passivement subi en commun ; il faut, en plus, que la collectivité, dans sa majorité, poursuive consciemment des objectifs d’intérêt géné­ral et qu’elle accepte de prendre les moyens nécessaires pour les atteindre.

VI – Une société de confiance

Notre projet de Dialogues d’Avenir concerne l’Europe, pour elle-même, pour son avenir en le liant à celui des autres continents et tout particulièrement l’Afrique. L’Europe actuelle, à la démographie décli­nante, (sur 27 pays : la France et l’Irlande mises à part) assistera pen­dant la première moitié du XXIe siècle à l’explosion économique conti­nue de l’Asie et à l’explosion démographique nouvelle de l’Afrique.

Le rassemblement de forces humanistes ne sera pas de trop pour relever les défis qui l’attendent. Pourquoi ? Parce que c’est avant tout une question de civilisation à l’échelle universelle. Comment ? En construisant une société de confiance qui, au sein d’un monde en expansion, formera une communauté de solidarité, de projets com­muns, d’ouverture, et d’échange. Au cours des siècles, trop de penseurs ont tenté de découvrir les recettes de la richesse des nations en privilé­giant des explications matérielles. Or, ce sont les mentalités et les com­portements qui constituent le principal et véritable facteur de dévelop­pement ou… de sous-développement.

VII – La stratégie du colibri

Il suffit, pour avoir le courage de commencer, d’évoquer une légen­de amérindienne : lors d’un gigantesque feu de forêt, un petit colibri multipliait les allers-retours de la rivière à l’incendie afin de jeter sa goutte d’eau sur le brasier : un tatou, exaspéré par l’entreprise dérisoi­re de l’oiseau, s’adresse alors à lui : « Colibri que fais-tu ? Tu vois bien que tu ne pourras pas éteindre l’incendie. » Et le colibri de répondre : « Je le sais, mais je fais ma part. »

VIII – Trois secteurs vitaux feront l’objet de nos actions :

1) Géographie de l’alimentation (Europe – Afrique)

– Évolution des productions nécessaires
– Terrains et mers
– Production
– Transports
– Distribution
– Consommation

2) Géographie du travail (Europe – Afrique)

-Évolution du nombre des personnes en âge de travailler (et qualification)
-Pendant combien d’années
– évaluation des besoins en producteurs
– Artisanat Commerce Industrie
– Recherche
– Évaluation de la qualification des emplois niveau en Europe. Les besoins en raison de la croissance des Personnes dépendantes

3) Géographie de l’enseignement, de l’éducation et de la formation pro­fessionnelle (Europe-Afrique)

Ce sont trois branches complémentaires
Professeurs ?
Jeunes européens en service civique international ?
Enseignement à distance sous réserve d’encadrement local ?

-Utilisation d’Internet ? (ordinateurs spéciaux de faible coût et ne nécessitant pas de courant électrique)

IX – Une Triple Action

1 -Le microcrédit dont les résultats sont déjà probants depuis le lancement en juillet 2010 de Cluzelfondations.org. En effet, de la date de départ jusqu’au 28 février 2011 : 40 000 euros ont été injectés et 134 projets de micro-finance  financés. Le taux de remboursement est de 100 %. Ce qui porte le total des prêts à 48 550 euros en 8 mois. Cinq pays sont concernés : Bénin, Togo, Cambodge, Vietnam, France.

2 -La formation à la production et à l’échange non pas grâce à des stages, comme dans les années 50 du siècle dernier, mais grâce à Internet. Puisque, à partir du vendredi 29 avril, nous serons en liaison directe Paris/Bransat/Bamako. Ceci avec le précieux appui de la Fondation Robert Schuman qui porte avec bonheur le nom de l’un des Pères de l’Europe et que préside mon ami Jean-Dominique Giuliani.

3 – Des sessions de formation pourront être mises en place –s’ils en décident- par les organismes consulaires de France en liai­son avec leurs homologues des pays Africains. Nous sommes à ce sujet en contact avec M. André Marcon, tout nouveau Président National des Chambres de Commerce et d’Industrie de France, qui, ici même, dans cette Salle, le 10 octobre 2009, a participé à la remise des prix Allen.

Je terminerai ce propos introductif en citant un proverbe chinois :

« lorsque les hommes travaillent ensemble, les montagnes se changent en or »
C’est exactement ce que nous voulons tenter à Bransat !

Jean Cluzel
de l’Institut

 

VISIOCONFÉRENCES

Le principe :

Un conférencier à Paris fait un exposé avec un système de capta­tion audio-video. La conférence est retransmise sur les sites internet partenaires en streaming audio vidéo et en vidéo à la demande (Fondation Robert Schuman, et diffusion sur Internet par Canal Académie). La conférence est retransmise sur grand écran en vidéo-pro­jection dans la salle des Prix Allen à Bransat (Allier) et simultanément, dans une salle à Bamako (Mali). La conférence et les échanges seront publiés par la Revue Positions et Médias et feront également l’objet d’é­missions présentées par Canal Académie.

Le Calendrier des conférences sur Internet

Paris – Fondation Robert Schuman Bransat – Salle des Prix Allen
Bamako – Salle Abba Touré

Planning des conférences
Présentation de Jean-Robert Pitte

Jean-Robert Pitte est Professeur de Géographie et d’Aménagement du Territoire à l’Université Paris-Sorbonne. Il a créé l’Université Paris-Sorbonne Abu Dhabi. Il enseigne la géographie historique et culturelle, en particulier de l’alimentation et du vin, ainsi que l’histoire de l’amé­nagement du Territoire et du paysage. Il est depuis juin 2010 Délégué auprès du premier Ministre à l’Information et à l’Orientation.

Il a notamment publié :

Nouakchott, capitale de la Mauritanie (1977), Histoire du Paysage français (Tallandier, 1983, 5e éd. 2001. Trad. japonaise), Terres de Castanide. Hommes et paysages du châtaignier de l’Antiquité à nos jours (Fayard, 1986), Gastronomie française. Histoire et Géographie d’une passion (Fayard, 1991. Trad. japonaise, portugaise, américaine), Le Japon (Sirey, 1991), Paris, Histoire d’une ville (Hachette,1993. Trad. japonaise), La France (Nathan, 1997, 3e éd. 2009), Trad. russe. Philippe Lamour, père de l’aménagement du territoire (Fayard, 2002), Le vin et le divin (Fayard, 2004). Trad. turque, chinoi­se, polonaise, japonaise. Bordeaux-Bourgogne, Les passions rivales (Hachette, 2005), Trad. Japonaise et anglaise. Le désir du vin à la conquête du monde (Fayard, 2009), À la table des dieux (Fayard, 2009), Le génie des lieux (CNRS-Éditions, 2010), Le bon vin entre terroir, savoir-faire et savoir-boire (CNRS-Éditions, 2010), Le ciel ne va pas nous tomber sur la tête (Lattès, 2010).

Le texte de la conférence inaugurale de Dialogues d’Avenir donnée le 4 mars par Jean-Robert Pitte sera publié dans le pro­chain numéro de la revue Positions et Médias.

 

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